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Jeunes Communistes des Hauts de Seine (MJCF92)

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Musique et éducation populaire

 
 
 

Présenté comme un événement populaire, la Fête de la musique édition 2015 – avec pour slogan "Vivre Ensemble la Musique" – laisse entendre que, par la culture, nous pouvons tisser des liens et dépasser ainsi toutes les différences. Une fête du « peuple » qui serait donc portée par l’idée du vivre-ensemble… Seulement, difficile de ne pas rire jaune quand on sait que, ces dernières années, notre gouvernement de « gauche » n’a cessé de réduire les subventions pour nos assoc’ culturelles ! Difficile, également, de ne pas croire en une récupération politique quand on découvre sur un prime télévisée qu’un certain Patrick Sébastien remercie, devant des millions de téléspectateurs, son grand ami Christian Estrosi (maire UMP de Nice).

Outre l’aspect politique et commercial, on en vient donc à se demander pourquoi cette fête existe et pourquoi nous consacrons toute une journée à la musique. À l’image de la Journée internationale des droits des femmes (8 mars) ou de la Journée des droits des travailleurs (1er mai), s’agit-il ici de mettre en avant une lutte, celle de l’accès pour toutes et tous aux arts et à la culture à travers la diversité des pratiques musicales ? Nul ne pourra nier qu’en 1982 ce fut bien l’intention de Maurice Fleuret1, principal instigateur de l’événement. Cent ans plus tôt, en 1882, c’était aussi celle des lois Ferry rendant l’enseignement de la musique obligatoire à l’école. Et pourtant, dans ce domaine aussi les inégalités se creusent, les distinctions2 résistent et nous observons toujours une distance entre culture bourgeoise et culture populaire.

L’idée n’est pas de dire que l’une prévaut sur l’autre mais que la seconde est, en plus d’être dénigrée, dénaturée (pour ne pas dire aliénée) ! Car quand on emploie l’expression « populaire » le sens est double : il y a la culture ISSUE du peuple (classes ouvrières, défavorisées)3 et la culture DESTINÉE au peuple (par les politiques et les mass médias). Il en résulte un principe de standardisation issue de la logique imposée par les industries culturelles4. On ne parle dés lors plus de culture populaire mais de culture de masse (l’élévation du citoyen – par l’art – et sa conscientisation sont ainsi exclues). A contrario, l’idée d’une culture d’élite se conforte davantage.

C’est sous cet angle que nous avons voulu – à l’occasion de la Fête de la musique – réfléchir à notre devoir d’éducation populaire ! Car dans une société où les rapports de domination, en plus de se reproduire, s’accentuent, il est nécessaire d’agir pour que tous les jeunes aient accès aux mêmes savoirs et aux mêmes loisirs. De nouvelles perspectives doivent s’offrir à nous ! On se retrouve le 4 juillet pour notre conférence fédérale, avec Patrice Leclerc, au 56 rue Sadi Carnot à Nanterre !

1 Maurice Fleuret fut Directeur de la Musique de 1982 à 1986 au Ministère de la Culture.

2 Voir Pierre BOURDIEU, La Distinction : critique sociale du jugement, Paris, Minuit, coll. "Le sens commun", 1979,

3 Voir Richard HOGGART, La culture du pauvre, (1957), Paris, Les Editions de minuit, 1970,

4 Voir Max HORKHEIMER, Theodor W. ADORNO, La dialectique de la raison, (1944), traduit de l’allemand, Paris, Gallimard, coll. "Tel", n°82, 1994 ; culture populaire Instrumentalisée par les médias et les grands groupes de communication.

 

 

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