MJCF UEC Avant-Garde Facebook Twitter Youtube

Jeunes Communistes des Hauts de Seine (MJCF92)

Jeunes Communistes des Hauts de Seine (MJCF92)

Voeux du MJCF92

 
 

le 19 janvier 2014

     
     

    Chers amis, chers camarades,

    Merci pour votre participation à ce banquet de début d‘année ! C’est pour moi une joie de vous adresser mes vœux pour la 2ème année consécutive, notamment de sincères vœux de bonheur pour chacune et chacun d’entre vous mais aussi pour celles et ceux qui vous sont chers.

    C’est aussi l’occasion de revenir sur l’année écoulée.

    En début d’année 2013, François Hollande avait annoncé sa priorité : « aider la jeunesse, c’est donner un horizon à toute la France, à toute la société » disait-il. Aujourd’hui, c’est pour moi l’occasion de vous poser une première énigme : mais de quelle jeunesse parlait-il ?

    Parlait-il de la jeunesse étudiante ? Impossible… pour preuve, la loi Fioraso. La généralisation des certifications Michelin, L’Oréal ou Bouygues qu’elle permet promet une vie de précarité, de pression au travail pour les diplômés, au lieu de leur proposer une formation de qualité. De plus, cette loi crée une inégalité entre étudiants : on n’aura pas le même diplôme qu’on étudie à Paris ou à Bordeaux… : c’est le début de la concurrence entre établissements et donc entre étudiants. NON, il ne parlait pas de la jeunesse étudiante : ces jeunes connaissent toujours la précarité, souvent obligés de se salarier tout en poursuivant leurs études, et pour plus de 30% d’entre eux dans l’impossibilité de se soigner, faute de moyens.

    Alors… peut-être parlait-il de la jeunesse sans papiers ? Ou pas… Manuel Valls fait appliquer les lois, celles votées sous la Droite ; et c’est pourtant pour stopper les expulsions, la stigmatisation, que la jeunesse avait élu un gouvernement de Gauche. C’est ce qu’a pu rappeler la jeunesse qui est descendue dans la rue pour Leonarda et Khatchik. Car quand les lois sont injustes et inhumaines, alors il faut les changer. Et nous n’oublions pas non plus le droit de vote des résidents étrangers, promesse de campagne.

    Pas de la jeunesse sans papiers, pas des jeunes résidents étrangers… alors peut-être de la jeunesse sans emploi ? …Probablement pas non plus… La réforme des retraites votée en 2013 allonge encore la durée du temps de travail. Ca veut dire encore moins de postes qui se libéreront pour l’entrée des jeunes dans le monde du travail. 25% des jeunes de moins de 25 ans n’ont pas d’emploi, et ce n’est pas la fermeture d’entreprises qui pourtant réalisent des bénéfices qui va arranger les choses. L’austérité qu’a choisie le gouvernement emmène notre pays dans une spirale sans fin : le licenciement entraîne la baisse de la consommation, la baisse de consommation entraîne une aggravation de la crise de surproduction, ce qui entraîne donc d’autres licenciements.

    Il ne parlait donc pas de la jeunesse sans emploi. Alors sûrement de celle qui débute dans un emploi ? Et non… L’Accord National Interprofessionnel obligera parfois à choisir entre travailler plus pour le même salaire ou être licencié pour raison personnelle. Le jeune travailleur aura également à choisir entre aller travailler à l’autre bout de la France ou perdre son emploi. La règle pour le jeune qui est dans l’emploi, c’est « soit tu acceptes tout, soit tu retournes parmi les jeunes sans emploi ». Et on connaît bien le choix de nombreux jeunes, qui vont être obligés de garder cet emploi malgré les conditions, d’autant que tout coûte plus cher, et que la hausse de TVA de ce début d’année 2014 représente une perte de 200€ par an pour un célibataire sans enfant. A coup sûr, ce n’est pas cette jeunesse qui est aidée.

    Et il ne parlait pas non plus des jeunes femmes. Rien n’a été fait pour l’égalité. Le salaire des femmes dans le privé est inférieur de 28% à celui des hommes, selon Le Monde. Et, malheureusement, les centres IVG ont continué de fermer.

    Et la jeunesse engagée dans l’armée ? Celle envoyée tantôt pour combattre les djihadistes, tantôt pour les aider, sans cohérence… enfin, si… mais elle est cachée. Car les guerres au Mali, en Centrafrique et celle que voulait Hollande en Syrie ont bel et bien une cohérence : ce sont des guerres économiques et non des guerres humanitaires. C’est pour les entreprises et leurs intérêts économiques que meurent des jeunes. Des morts et non de l’aide pour ces jeunes-là !

    Alors peut-être parlait-il de la jeunesse hors de France ? Pas sûr, vu que les jeunes Palestiniens reçoivent des obus en cadeaux de Noël. Dans la bande de Gaza, pour Noël, trois Palestiniens, dont une fillette de trois ans, ont été tués. Au-delà de l’indignation et de la révolte provoquée par cet acte, nous demandons qu’une paix juste et durable soit établie en Palestine. La seule issue possible, la seule façon d’empêcher que de tels actes se reproduisent est l’établissement d’un Etat Palestinien souverain, dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Et rien n’est fait dans ce sens. Pas mieux pour la jeunesse cubaine… Car, même si l’ONU condamne le blocus sur Cuba, rien n’y change, les Etats-Unis continuent de tenter de créer une révolte en asphyxiant le peuple cubain, et notamment sa jeunesse.

    Ni… ni… ni… ni…. Ni… ni… mais alors de qui parle-t-il ? Après de longues recherches, j’ai trouvé. C’est d’une toute petite partie de la jeunesse, nous ne la croisons jamais dans nos lycées, jamais dans nos quartiers, elle ne vient jamais ici à l’occasion de ces vœux : c’est cette jeunesse oisive, celle qui hérite de l’empire de ses parents, celles des fils et filles de capitalistes, celle qui est née avec une cuillère en or dans la bouche, celle qui ne connaîtra jamais la difficulté de la majorité des travailleurs ou futurs travailleurs. Crédit d’Impôt Compétitivité et Emploi, ANI, réforme des retraites, fiscalité, inégalité dans les études, et maintenant pacte de responsabilité : tout ça, c’était pour eux, les grands gagnants de 2013 !

    OUI, la lutte des classes en 2013 c’était une réalité, et si les capitalistes sont sortis vainqueurs de 2013, mes camarades, 2014 doit être l’année de l’espoir et surtout, surtout pas celle de la résignation !

    C’était d’ailleurs le message de Nelson Mandela aux participants de la Fête de l’Humanité en 1996. Il nous a quittés en 2013, et j’aimerais vous lire une petite partie de son discours :

    « Si le XIXe siècle fut une ère d’émigration de masse de l’Europe vers le monde en développement, la seconde moitié de notre siècle a connu un processus inverse. Des millions et des millions de personnes des pays en développement se sont déplacées, en tant que réfugiés économiques, vers les pays les plus développés. Ceux qui, sans critique aucune, chantent les louanges de la globalisation sont habituellement les tout premiers à décrier cet aspect qu’est la globalisation du marché du travail, mettant en lumière les disparités à travers les frontières. Ces migrations de masse génèrent leurs propres nouveaux défis pour les jeunes. Par exemple, il existe une génération qui ne se sent pas appartenir au pays de ses parents, mais ne se sent pas non plus partie intégrante de son nouveau pays d’adoption. De plus, les vastes migrations entre les pays, mais aussi à l’intérieur des pays, de la campagne vers la ville, ont souvent miné des structures plus anciennes de soutien, y compris la famille. Les jeunes se sentent rejetés, livrés à eux-mêmes dans le monde, sans réseaux de soutien social. Les dislocations sociales de notre époque ont à leur tour aidé à nourrir la criminalité et à constituer un terreau fertile pour le trafic de la drogue. Confrontés à ces défis énormes, les jeunes peuvent se laisser aller à la démoralisation, au désespoir et à la colère, dirigés contre toutes choses et tous les autres: les parents, les gens d’origine sociale et ethnique différente. Mais les jeunes peuvent aussi refuser de succomber au désespoir. Vous pouvez dire non à l’intolérance. Vous pouvez, et devez, prendre en charge la responsabilité de changer le monde et d’améliorer le sort de tous les peuples. Je vous souhaite tous les succès dans vos projets. L’avenir est entre vos mains.»

    …….

    Refuser de succomber au désespoir, c’est notre devoir !

    En 2014, nous avons grand à faire. Et ce début d’année, c’est également le lancement de la campagne des municipales. Grand à faire car les récentes élections partielles, qu’elles soient cantonales ou législatives, sonnent comme des signaux d’alarme. La droite se nourrit de la peur et du désespoir. Si la jeunesse est résignée alors l’abstention sera massive et cela ouvrira un boulevard aux forces de droite et de l’extrême droite.

    Alors, il faudra mettre les bouchées doubles en menant de nombreuses batailles locales. Partout, aux côtés des militants du Parti Communiste, nous posons la question de conquérir de nouveaux droits pour les jeunes. L’emploi, le logement, la formation, nous souhaitons répondre aux enjeux quotidiens des jeunes des Hauts-De-Seine. Les jeunes sont au cœur des villes. Nous sommes ces lycéens, étudiants, jeunes travailleurs, éducateurs, militants associatifs qui faisons vivre Nanterre, Clichy, Courbevoie, Bagneux... C’est le lieu de notre première expérience citoyenne, le point de départ de la construction de nos vies. Nous sommes l’avenir de ces territoires. C’est pour cela que nous irons chercher, et même arracher s’il le faut, de nouveaux droits qui permettent à chacun de s’émanciper. C’est pourquoi nous avons des revendications concrètes, des revendications que nous devons enrichir par la rencontre des jeunes de nos villes.

    Nous voulons offrir des garanties pour vivre de son travail :

    - Construire des chartes, dans les entreprises de la ville, avec des objectifs sociaux en termes d’embauche, de salaires, de droits pour les apprentis et stagiaires

    - Etablir des clauses d’insertion incluant des pourcentages d’embauche pour les jeunes dans les entreprises de la ville

    - Introduire des contenus ambitieux, en termes d’embauche et de qualifications, dans les emplois d’avenir

    Nous voulons armer les jeunes de connaissances :

    - Favoriser l’accès aux formations qualifiantes comme le BAFA

    - Mener la bataille pour la présence d’un maximum de filières scolaires et universitaires dans la ville

    - Lutter contre le décrochage scolaire, avec des ateliers pour les exclus temporaires, en lien avec les inspections académiques

    Nous voulons améliorer l’accès au logement :

    - Rendre possible l’inscription dès 16 ans sur les listes d’attente pour les HLM

    - Se mobiliser pour le retour dans le secteur public des logements étudiants gérés par le privé

    - Réserver des logements dédiés aux jeunes dans les constructions, notamment pour les jeunes travailleurs et apprentis

    Si gagner de nouveaux droits pour les jeunes lors des municipales est primordial en ce début d’année, nous n’en oublions pas notre bataille travail « la précarité, c’est pas un métier ».

    La jeunesse a le droit de savoir qu’en France on n’a jamais produit autant de richesses. Les profits versés aux actionnaires des entreprises se sont multipliés par 7 en 20 ans et les 500 plus grandes fortunes de France ont grimpé de 25% en seulement 1 année. L’état est endetté. Mettons fin aux exonérations patronales, aux contrats précaires, au travail gratuit. Le monde de demain aura besoin de jeunes qualifiés. Donnons-nous les moyens. Plus un seul jeune sans statut social, sans formation! Créons un grand service public de l’information, de l’orientation, de l’accompagnement et de l’insertion professionnelle. Dans l’entreprise, l’université et le lycée, revendiquons le pouvoir d’intervention des salariés, des étudiants et des lycéens ! Replaçons notre émancipation et nos besoins au cœur des politiques. La loi du tout-profit a des conséquences dramatiques sur la dignité des jeunes partout en Europe. Nous ne serons pas la génération sans emploi, sans logement, sans retraite. Devant les foyers de jeunes travailleurs, devant les Pôles Emploi, luttons au côté des jeunes pour mettre fin aux abus : fin des licenciements boursiers pour rompre avec la dictature des actionnaires, augmentation du smic à 1700€ Brut et instauration d’un vrai statut de l’apprenti, de l’alternant et du stagiaire afin de garantir une rémunération à 100% de l’emploi occupé.

    Si la tâche, cette année, s’annonce ardue, permettez-moi d’être optimiste. Optimiste, car, l’an dernier, de nombreux jeunes nous ont rejoints, et, cette année encore, nous serons plus nombreux que l’année précédente. Certaines Unions de villes ou certains Secteurs étudiants de notre département ont vu doubler leurs effectifs ; et il ne s’agit plus là d’une année particulière ou d’un miracle, mais d’une évolution que nous constatons depuis plusieurs années. Alors, j’en suis sûr, cette année ne fera pas exception. J’en suis d’autant plus sûr que le nombre de cartes d’adhésion 2014 remontées en seulement 19 jours est au delà de mes espérances.

    Mes camarades, je tiens à vous dire que je suis fier d’être coordinateur départemental d’une fédération qui progresse, qui permet aux jeunes alto-séquanais de lutter contre les injustices et inégalités créées par le système capitaliste. Fier d’être avec ceux qui combattent toutes les formes d’aliénations et d’exploitations. Fier d’être avec ceux qui veulent vaincre ce système, qui veulent en finir avec la société de classes, qui veulent la mise en commun des moyens de production et veulent bâtir le socialisme. Fier d’être avec ceux qui construisent le monde de demain, un monde de partage et de paix au service du développement humain, une société que nous nommons le communisme. Continuons à rassembler de plus en plus de jeunes : cette année ensemble nous atteindrons le cap des 200 adhérents dans notre département ! Je profite, et j’en aurai fini, pour présenter mes meilleurs vœux aux militants du PCF qui sont ici aujourd’hui. Je les remercie de l’attention qu’ils nous portent, de l’aide qu’ils nous fournissent. Ce n’est pas pour rien si nous faisons notre banquet dans ces locaux aujourd’hui. Merci déjà Elsa (à la fédération du PCF) d’être venue, mais merci surtout de nous aider au quotidien. Merci, à la section de Nanterre, sans qui nous n’aurions pas pu cuisiner pour ce banquet. Merci à ceux qui nous ont aidés hier et aujourd’hui à préparer ce repas. Merci aussi à Nordine de s’être déplacer jusqu’ici.

    Je vous faisais part, à tous, en ce début de propos, de mes vœux de bonheur. J’y ajoute enfin ce que je peux vous souhaiter de meilleur : des luttes victorieuses et surtout, surtout, surtout, un bon appétit !!!

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Voeux du MJCF92